Bonjour à tous,
Putain de bordel de merde ! Oui il faut bien commencer par quelque chose, pour ceux qui me connaissent. Voilà bien des mois qu’on attendait ce voyage aux Philippines. Départ Roissy et rencontre avec d’autres Eskrimadors de la France entière. On est tous excité avec nos bagages et le billet en main. Fabien est là pour nous accueillir et veiller à ce qu’il ne manque personne avant l’embarquement. Bien faut dire que j’étais le dernier mais pas en retard. Retrouvailles bien sûr avec mon pote et ami Fabien ainsi que Martial. On l’attendait tous ce jour. Chacun vérifie ces papiers, prend sa place et l’heure approche et nous voilà dans l’avion.
Durée du vol et du voyage environs 19 heures en passant par Kuala Lumpur avec quelques heures d’attente. Cette première partie du voyage se passe bien, confort d’un Boeing 777 avec écran perso, films à gogo et en français s’il vous plaît, de plus avec un service irréprochable avec de charmantes hôtesses. Il faut dire qu’on ne manquait de rien avec Air Malaysia. Nous avons pratiquement mangé et bu durant une bonne partie du voyage. Dur dur pour se reposer ou même essayer de dormir, trop excité.
On se matte quelques films, enfin du moins on essaye car à mes côté, Martial était explosé, déjà ! Non, en plus avec le son à fond dans les oreilles, ce n’est pas bon, obligé d’éteindre son bordel afin qu’il dorme un peu et en paix… Enfin nous voilà arriver à Kuala Lumpur, obligé de descendre pour la correspondance avec au moins 2 heures et demi d’attente.
On traîne tous à visiter les lieux, à faire connaissance car dans le groupe pour la plupart on ne se connaissait pas. Voilà le temps passé et notre prochain vol arrive pour Cebu. Allez hop c’est reparti. A peine dans l’avion, et voilà que les stewards et Hôtesses qui s’activent à nous servir encore une fois à manger. Encore ! Bon ok, ça a l’air d’être pas mauvais, on goûte.
Ca y est on arrive ! On regarde à travers l’hublot et on se regarde avec Fabien, bizarre ! Ça n’a pas l’air d’être Cebu, putain on s’est trompé de vol ou quoi ? Non, c’est le bon mais on est à Bornéo, ok d’accords, petit arrêt d’une bonne demi-heure, pause pipi-caca et nous redécollions pour Cebu. Après trois bonnes heures, nous percevons enfin la grande île.
Nous y voilà les gars, on arrive putain de bordel de merde ! Les portes s’ouvrent et bing ! Un coup de chaleur pleine face, combien vous avez dit, 30 °C, pas possible, 35 °C, heu ça doit cela environs. On commence à peine à suer avec un taux d’humidité sûrement proche de 90 % et plus. ENFIN ! Quelle surprise pour moi de retrouver l’aéroport de Cebu après 13 ans d’attente.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Enfin nous sortons de l’aéroport et nous voyons au loin la femme de Fabien qui nous attend de pied ferme de l’autre côté de la rue. Où est Fabien, il s’est barré, non ! Il est parti bien sûr retrouver sa douce Céleste. Bon d’accord, on va s’éterniser non plus là-dessus…
Bon les voitures arrivent et on s’organise pour partir dans le centre ville de Cebu. Sourire aux lèvres, nous commençons à sentir la chaleur bien pesante. On arrive à l’hôtel, ouf ! A notre grande surprise, on sort des voitures et là on découvre que nous sommes à côté de la Balintawak Street, où est né ce fameux style au fond de la rue dans une petite rue où il n’y a plus rien, que des débris.
Nous prenons donc place dans nos chambres partagées où on retrouve à trois, Martial, Henri et moi-même. On commence à vivre nos moments tant attendus avec une organisation menée à bien par Céleste. Pas question de rester enfermer dans la chambre, toute de suite nous déposons nos affaires et hop dehors pour prendre les premières photos avec cette fameuse plaque de « Balintawak Street à l’entré de l’Hôtel « Pacific Hôtel » où nous nous trouvons. Bien sûr, il fallait le faire, inévitable, on ne pouvait pas faire mieux comme lieu de passage pour une nuit avant d’attaquer la route au lendemain du dimanche matin.
Il faut dire que dans cette fameuse rue en plein centre ville, nous étions juste à côté des magasins de toutes sortes mais il y avait aussi le marché aux fruits et légumes. Quel bonheur de découvrir ce marché riche en couleurs avec ses spécificités à la Filipino Style. Avec Jean-Luc on s’est dit, il y a des mangues dans le coin, ça doit être bon ça…
Le problème c’est qu’on n’avait pas un pec de monnaie local dans la poche, le Pesos. Des sous oui mais on attendait le change car c’était au plus bas et on n’avait pas envie de perdre en change. Fallait attendre le lendemain. On a regardé donc ces belles mangues qu’avec les yeux, putain de bordel de merde…On avait vraiment envie de goûter….La soirée arrive et on a rendez-vous avec tous les Grands Masters au restaurant pour notre premier dîner.
Un grand moment. On y va, et la ville grouille de Jeepneys. Nous avons le bon Jeepney pour la bonne destination, on se serre s’il vous plaît, chaud devant. Nous arrivons sur le lieu, et voilà Eddy Velez, puis Nick Elizar et enfin Danny Vedua avec son Assistant et ami Samuel. Tous, on se fait connaissance avec plus ou moins des présentations, mais on s’en fou, on est là pour manger. Le Philippin est là pour manger et on ne discute pas, on mange.
Chacun choisit ce qu’il veut, des calamars ou du poisson divers frais, nouilles et autres. On commence avec bien sûr une boisson bien fraîche genre bière Saint Miguel par exemple, coca…..Mabuhay à tous. Le repa est bien copieur et riche en goût, quel plaisir d’être ensemble et de vivre ce moment. Ah ça commence à sentir bon tout cela mais la route est encore longue car après quelques heures de sommeil, nous voilà debout Jean-Luc, Martial et moi-même vers 5h30 du matin.
Excité, nous voyons s’ouvrir devant nous un monde qui s’éveille dans les rues avec des gens qui dorment sur place et qui prennent un bain. Le dehors c’est aussi un chez soi pour bien d’entres eux, surtout ceux qui font du commerce. Un beau moment avant de prendre le petit déjeuner bien basique et d’attaquer la route pour 3 heures et demi au nord de Cebu. On démarre avec 2 mini bus avec la climatisation, ouf ! C’est parti pour l’île de Malapascua.
Ce fut un moment de découvrir l’île mais aussi la conduite sportive de nos deux chauffeurs qui n’hésitent pas de se suivre avec des dépassements dans des virages. Allez on se serre les fesses, on va y arriver les gars. Effectivement ce voyage était périlleux et finalement on se demande si l’avion n’était pas plus sécurisant! Heu…. Mais bon on s’accroche, ça va… On arrive enfin au port pour prendre le bateau pour Malapascua après une brève pause pipi sur la route.
On commence à voir le bout du voyage et on sent l’odeur de la mer turquoise avec toutes les îles autour. Et là des gens nous aident à prendre les bagages pour les porter sur le bateau car là aussi pas de pont mais il faut sauter sur des roches où il faut faire quand même attention. Nous voilà sur le bateau en forme de catamaran pour Malapascua, tous.
On y est, une demi-heure et on accoste l’île avec ces cocotiers, ces bateaux particuliers. La mer est belle, calme mais la chaleur est là, très chaud, très très chaud. On a hâte de trouver nos chambres, une surprise car on ne sait pas du tout à quoi va ressembler notre petit chez soi durant ce séjour. Après quelques minutes de marche et passant dans des petits chemins, on découvre le lieu qui nous accueille avec les personnes qui sont là pour nous aider, cuisine, entretien, tout ce qu’on aura besoin. Un must d’organisation sans faille digne du travail de Céleste la femme de Fabien.
Ah voilà notre chambre dans une pièce principale que je partage avec Martial. On avait choisi la chambre la plus simple, on l’a eu et elle était très bien avec un petit ventilateur pour nous deux, c’était parfait. On s’installe et on prend le temps d’admirer le travail de tressage du bambou sous toutes ces formes. Faut signaler que sur l’île il n’y a pas de voiture, de camion, la seule locomotion sont de petites mobylettes. Un beau lieu en bois de bambou qui respire la nature et la simplicité.
Allez, on bouge, la mer est juste de deux pas. Quel plaisir de se retrouver sur cette plage avec ce sable blanc, l’eau est belle et bleu ciel. Et plouf on y va messieurs, rafraîchissement et relaxation après ce périple de voyage. Trop bon. On profite déjà à fond. On regarde un peu les lieux, les coins sympa où on découvre pas bien loin de chez nous un bar restaurant, ça a l’air pas mal tout cela. On verra plus tard. On a notre premier repas qui nous attend. Tous à table.
On mange bien. Faut bien nourrir les convives avant de les faire travailler. Heu non ! S’entraîner pardon, réveil donc à 5h00 du matin, bref café !! Pas du vrai, du chocolat, une bière peut-être, non non pas à cette heure, ce n’est pas sérieux…. Allez il est l’heure pour notre premier cours avec Danny Vedua qui passera une semaine avec nous. 3 heures au programme. Ca commence fort, on s’adapte non seulement à la chaleur mais au travail spécifique avec ces codes et ces règles.
C’est bon ça. Le travail de Danny est un travail utilisant uniquement un bâton de 50 à 55cm comme le Koredas. Une surprise en Balintawak, son Balintawak au nom de Hybrid Askal Balintawak . Faut dire qu’il a un cursus de boxeur avec des titres, de Karaté Sikaran et autres qui on fait sa méthode de travail particulier car il est à noter que Danny a vécu dans les rue et on l’appelait Askal, ce qui signifie « Aso Kalye » Chien errant ou chien des rues.

Bagarreur et expérimenté, ce fut aussi sa vie qui a fait de lui ce travail basé sur le combat proche avec des destructions, des frappes, des percussions et une sensibilité à toute épreuve qui nous met en alerte. On se cache derrière son bâton, on scrute, on analyse et on frappe, on frappe fort et avec précision. La garde est toujours présente et on reste à l’affût de son adversaire.
On a intérêt car si on s’observe, on doit impérativement se protéger et rester concentrer afin de mesurer et essayer de lire ce que son adversaire nous donne comme information. Pas une miette restante, tout doit être pris en charge et travailler avec une concentration extrême, intense. Les gestes de frappes, les frappes, la position de la main libre, la gestuelle du corps fermé guettant sa proie, bah une multitude d’informations à prendre en compte sans relâchement.
On y est, on y reste, on bloque, on contre, on frappe, on mélange la frappe du bâton à celle de la main libre, un vrai travail de fond avec une pédagogie pointilleuse et horlogée. Vous avez compris que le travail de Danny est d’un très haut niveau. Cet homme humble et intègre ne se prend pas pour un Grand Master malgré ces 60 ans et son expérience martiale, non pour lui le seul Grand Master est au dessus de nous tous, là haut.
Moi je suis un Good Man !! Si je me permets de revenir sur son travail, c’est que nous avons des points communs avec des variantes au Koredas System et après avoir pu échanger quelque peu mon travail personnel avec Danny, nous avons mis en partage notre travail et c’était l’occasion de vivre autre chose avec un expert comme lui, à savoir les erreurs, une manière de faire, une explosion différente mais très proche, une assise planté au sol et une gestuelle d’un fin boxeur se cachant derrière son bâton qui n’attend qu’une chose, c’est de déclencher son attaque et surprendre son adversaire.
Un grand moment de vivre cela avec un homme de cette trempe. Un grand respect aussi de ma part d’écouter ces mots, de corriger certaines choses et de donner pleinement ce qu’il sait faire, de l’Arnis Hybrid Askal Balintawak. Il l’a testé avec des gens comme Bobby Tabimina, Dagog en Rapid Arnis et d’autres qui sont passé dans ces mains. Il faut tester dit-il !

On ne peut savoir si ça marche qu’en testant d’autres Eskrimadors, les meilleurs ! Il faut changer, modifier et remettre en cause ce qui n’est pas fonctionnel. En gros une pointure qui ne se prend pas au sérieux mais qui sait très pertinemment bien ce qu’il fait. La dessus je suis certain de ce que je dis après avoir travailler avec lui et senti son énergie de bête programmée pour faire mal là où il le faut avec le moindre déchet possible. Merci à Danny, devenu mon ami et aussi un Grand Eskrimador pour ne pas dire Grand Master.
Aussi durant cette semaine avec Danny, nous avons multiplié nos entraînements le matin et le soir sans compter les trainings supplémentaires en dehors des cours officiels. Notre plaisir à beaucoup d’entres nous étaient de lier les trainings au bain relaxant de la mer, et après une bonne séance, croyez-moi on ne pouvait faire mieux que de sauter directement à l’eau, évacuer toutes les tensions des muscles.
Durant les moments de repos et de liberté, on se proposait d’aller boire un coup au Sun Splash (par exemple) d’à côté où on avait des boissons à base de fruits frais, ananas, mangues, pastèque et citron vert local. Un must dans le coin avec des verres énormes de 50 cl. Tout cela mixé avec des glaçons nous redonnait du tonus, surtout avec cette chaleur.
Faut savoir que les glaçons étaient une denrée rare du fait que bien des gens n’ont pas la chance d’avoir un congélateur chez soi. Dans notre base, des sacs de glaçon étaient rapatriés de l’île d’en face, et c’était de même pour l’eau potable qu’on consommait énormément avec la chaleur qui faisait, des litres d’eau. Tout se faisait par bateau.
Du coup avec les potes on passait notre temps à vivre paisiblement entre les trainings, nager, faire du snocking, se promener dans l’île, dormir et manger des bons petits plats concoctés par nos cuisiniers et cuisinières qu’on remercie de tout cœur car ils ont fait un travail énorme de s’occuper de nous en permanence, toujours là pour nous aider et avec le sourire et de la convivialité. Ces personnes étaient là 24/24h et chaque jour se devait être différents avec des idées de cuisine à nous faire envies de déguster, mais soyons sérieux, nous ne sommes pas venus pour prendre des Kg….
Et puis alors que se profilait la fin de semaine, nous profitions donc des derniers moments avec Danny seul avec son fiston Barakel de 11 ans. Samuel son assistant a du s’éclipser à Cebu pour rejoindre sa femme. On hésitait de demander Danny de se joindre à nous quand on sortait boire un coup et passer des moments sympas. Une manière aussi de mieux se faire connaissance et de partager autres choses que les arts martiaux.
Et voilà qu’arrive dimanche matin le jour où Danny doit reprendre le chemin du retour et regagner sa maison à Cagayan et donc repartir de Malapascua en bateau, puis voiture et enfin prendre l’avion à Cebu. Nous nous rendîmes donc sur le bord de la plage avec ces affaires et prendre les billets pour rejoindre l’autre île. Un moment assez difficile car après ces quelques jours passés ensemble on s’attache au personnage et bien sûr on aurait aimé qu’il reste plus longtemps mais cela devait être ainsi, tout bonne choses a une fin. Ce fut un moment où nous nous congratulions tous avec honneur et humilité.
Voilà, il est parti Danny. See you soon and god bless you. Nous lui faisons un dernier coucou alors que le bateau s’en va et nous reprenions notre route pour préparer nos affaires pour un pique nique sur une île où s’y trouve un sanctuaire de poissons protégés. Tout le monde s’active et il faut emmener avec nous le repas, les boissons, bref tout ce dont nous avons besoin pour un vrai pique nique.
Et nous, Fabien, Christian, Henri et moi-même, nous devions par la même occasion profitée de ce bateau spécialement pour la plongée, de vérifier avec l’équipage que tout le matériel est là. En effet, Henri et moi-même après avoir eu 4 heures de formation dans la semaine, on voulait absolument faire de la plongée sous-marine. On avait les boules quand même et pas sereins du tout nous étions. Au final, c’était décidé on y va avec de l’appréhension mais c’est bon on se jette à l’eau….
Deux instructeurs étaient avec nous pour nous aider à ce que tout ce passe bien. C’est bon les gars, tout le monde est à bord, le moteur ronfle avec près de 15 à 20 personnes. C’est parti. Durant le trajet nous découvrions la beauté de ce qui nous entoure, les îles, puis on arrive à côté de Leyte Island, une très grande île. Nous y sommes à notre îlot, on aborde le bateau avec les marins et quel plaisir de voir une eau argentée de bleu turquoise avec des petits cabanons d’air de pique nique où des familles étaient déjà là en train de manger et de profiter de la mer. On est prêt à se jeter à l’eau et excité de découvrir les fonds marins.
Et hop, combinaison, palmes, bouteille, vérification si tout est ok et nous voilà dans l’eau pour commencer des exercices et l’apprentissage des règles à tenir avec son matériel et savoir communiquer sous l’eau. On y est les gars, tout est ok, OK. Nous commençons donc à descendre en faisant très attention à la gestion de la pression d’air qu’on doit veiller en permanence sans oublier le reste.
Ouvrons nos yeux et regardons plutôt ces beaux petits poissons de toutes sortes, des étoiles avec du bleu, des espèces que je n’ai jamais vu moi-même dans mon île à la Réunion. Je pense avoir loupé quelque chose mais je suis un homme des montagnes… Pas une raison ! Ok j’y penserais la prochaine fois. Bien sûr pour une première plongée, ne pensons pas voir des requins ou même des raies manta de 8 mètres d’envergure, faut descendre à plus de 20 mètres pour cela.
Là on était au plus à 15 mètres. Pas mal déjà ! Une belle surprise de porter combinaison, bouteille etc… et de baptiser notre première plongée dans les îles philippines. Merveilleux, vraiment. On s’est bien éclaté avec Henri avec qui je rigolais bien. Il faut dire qu’avec ces 1,98 m, il ne passait pas inaperçu. Oh un poisson bizarre ! Quoi, non c’est Henri couillon va. It’s a joke ! Après près de 50 mn de voyage sous-marin, nous sommes obligé de remonter car plus d’oxygène.
Nous voilà la tête dehors, un bonheur d’avoir vécu cela. Et hop il est temps de boire un coup et de manger un morceau. Nous avons faim et au menu, du poisson bien sûr, des coquillages de toutes sortes, des brochettes, des fruits, bref de quoi bien se nourrir. Quand à Fabien et Christian, eux qui sont plus expérimentés sont partis en plongée après manger et ils n’ont pas vu de gros poissons même en ayant plongé à près de 20 m de profondeur. Mais sympa quand même.
Nous rentrons donc chercher les autres sur l’île qui en attendant ont profité pour faire du snocking, correspondre avec les familles qui pique niquait à côté en goûtant des alcools qui méritent de se faire bronzer la tête, hein Jean-Luc ! Ave un coup de soleil et on est au Paradise Island ! Allez c’est le retour car 3 personnes nous attendent au campement de base.
Et oui Nick Elizar, son fils Norman et Eddie Velez pour notre deuxième semaine de training. Ils étaient déjà installés, tranquilles et content de les retrouver. Je connaissais déjà Nick mais pas Norman et Eddie Velez. Un grand moment encore de rencontre. Si l’approche avec Nick fut simple, il n’en ai rien avec Eddie Velez, très discret et observateur. Ok on verra le moment venu. Après le salut à tous, nous nous occupions de nous avant le dîner du soir où nous serons tous ensemble.

Un moment pour se faire connaissance et discuter des trainings à venir pour le lendemain lundi à 5h30 du matin pour certains et un peu plus tard pour d’autres. En effet nous devions savoir avec qui partager notre temps de travail, Nick ou Eddy. Pour ma part et connaissant Nick, je voulais absolument profiter d’Eddie Velez et donc commencer avec lui, découvrir son Balintawak Wotbag (World Original Teovel’s Balintawak Arnis Group).
Rendez-vous donc à 7h00 du matin avec Monsieur Eddie, ou plutôt GM Eddie Velez. Il n’aime pas non plus ce titre, humble il est et dangereux il est aussi…. Oui, ne regardez pas son aspect maigrichon et sec. L’habit ne fait pas le moine, alors si moine il n’est pas, il n’est pas moins un guerrier avec sa carcasse de protection, du moins son armure pour se protéger des coups et nous faire travailler dans des conditions les meilleurs possible avec un ressenti maximal.
Petit anecdote ! Il avait concocté une protection basique avec une tenue de plongée bricolée pour le training, le problème c’est qu’il avait quand même des bleus et devait durant certains entraînements s’arrêter quelques jours pour récupérer. Il faut dire qu’il n’est plus tout jeune non plus avec ces 56 ans et sa vie riche en évènements et en histoires de toutes sortes.
On est lundi et l’heure a sonné pour un bref chocolat chaud et attaquer le training avec Eddie déjà prêt à endosser ces protections. On y va. Ca va être chaud… On commence tranquille avec un travail sur les angles, son travail de 12 angles qui sont doublés du fait de développer tous nos sens et du mieux possible. (Voir lien)

Vous avez compris que ce bon homme qui ne pèse pas lourd sur la balance est extrêmement vif, rapide et juste dans ce qu’il entreprend. Il sait ce qu’il fait et fonctionne comme une horloge. Son œil est insoupçonnable et toujours rivé sur vous, difficile donc de ne pas être concentré et en tension émotionnelle. On doit être un guerrier face à lui, du moins essayé…
Eddie Velez est quelqu’un d’exceptionnel, caché derrière ces petites lunettes et son sourire, c’est un redoutable killer, une fois dans ces éléments, son œil devient félin, prêt à attaquer sa proie pour le dévorer. C’est un personnage, un vrai et d’une gentillesse sans limite. Il ne faut simplement pas être son ennemi, c’est tout. Vous avez compris !
Durant cette semaine avec Eddie avec qui j’ai passé la plupart de mon temps, nous avons répété et répété ce travail de touché, s’ouvrir l’esprit sur la sensibilité du bâton et savoir l’utiliser avec dextérité, précision, percussion sans oublier sa protection.
Ne pas oublier que derrière l’offensif on a toujours la partie défensif. Les deux sont totalement liés, indissociable. Ensemble donc avec Danny, Eddie et Nick, nous avons passé de très bons moments, riche dans tous les sens du terme. Ils nous ont fait découvrir un sens des arts martiaux philippins, l’Arnis et plus particulièrement du Balintawak et pas n’importe lequel.
Chaque personnage nous a apporté son savoir faire avec ces particularités comme pour Danny travaillant avec un bâton de 55 cm, le seul à ma connaissance. Une belle expérience donc de vivre et avoir partager avec eux des moments inoubliables tant sur le plan humain que martial.
Je ne vous cache donc pas que cela a été pour mon expérience personnelle une ouverture d’esprit sans précédent qui me permettra de définir de nouvelles choses dans notre travail d’Arnis Koredas System où j’intègrerais deux systèmes complémentaires, l’Hybrid Askal Balintawak de Danny Vedua et le Balintawak Wotbag d’Eddie Velez.
Après avoir passé cette deuxième semaine avec tous les potes jonglant entre training, snocking, plongé et plage, nous voilà vers la fin de semaine où se présente une très belle surprise. On est vendredi soir et tous se bousculent dans la cuisine.
Fabien et Céleste a du aller chercher sur l’autre île des provisions pour une grande fête, nous ramener donc un beau cochon qui sera grillé et présenté en entier sur la table du buffet. Des bons petits plats mijotent, ça sent bon tout cela. Le dernier training terminé, nous nous préparons pour la fête mais aussi préparer sa valise pour le retour sur Cebu et passer notre dernière journée là bas.Ca y est ma valise est prête, et il est temps de retrouver tout le monde et la surprise que nous a concoctée Fabien et Céleste.
Nous avons hâte de découvrir tout cela. Kennet, le frère de Céleste installe sa sono, mais quelle sono, digne d’un concert en plein air pour 5000 personnes, des enceintes monstrueux, du Karaoké et de la musique à gogo. Alors que ça commence à chauffer, voilà un groupe de jeunes qui débarquent avec des futs, des gombas et autres. De la percussion ? Oui, c’est bon ça. Ca va être chaud…
Les heures passent et nous y sommes, la table est mise avec le cochon qui domine la table sans compter les différents plats que nous ne manqueront pas de déguster. Bah c’est bon, trop bon. Nous sommes tous assis et Fabien nous demande de faire un speech sur ces deux semaines. On se lance un par un à faire notre petit discours et voilà que se profile des femmes en tenues traditionnelles toutes colorées avec des fleurs dans les cheveux. Se sont donc nos cuisinières qui se sont faites belles et qui nous préparées de jolis colliers de fleurs du coin à la Tahitienne.
Chacun d’entre nous a eu un beau collier de fleurs, touchant, vraiment. Puis elles nous font une danse, voilà c’est parti, la fête commence. On est tous avec sa petite boisson, heu bières Sainte Miguel, classique n’est-ce pas ! Coca, soda etc… Certain d’entres nous sont bien gais dirons-nous, on assiste à une présentation du groupe qui nous font découvrir leur style de musique, de la percussion, ils assurent les jeunes avec en plus du jonglage avec du feu, extra cette petite soirée. Nous aussi nous jonglons entre danse torride, goûter au cochon et aux petits plats.
La soirée bat son plein alors que je propose à Fabien de faire une surprise à tout le monde et de faire une démo en bâton chacun de notre côté en free style tout en imitant un combat de coqs. Trop bon avec la percussion, on se lâche. En sueur nous sommes, allez, on reprend des forces, heu une petite boisson par exemple…La soirée se passe à merveille et on commence à se fatiguer avec le cumul des journées.
C’est la fin. On range tout et hop, on retrouve son lit pour se réveiller tôt et reprendre la route du retour. Dur dur de quitter cette belle île qu’est Malapascua avec son côté paisible, pas un bruit le soir, écouter le bruit de la mer sans entendre le moindre avion dans le ciel ou le ronflement des voitures, bref, un autre monde, un monde à part où il fait bon vivre.
Nous y sommes, samedi et on se prépare pour le bateau et aller sur Cebu. On remercie à tous nos amis (ies) philippins avec qui ces jours n’auraient pas été le même. Une vraie organisation supervisée par Céleste et Fabien. Un grand merci à tout ce petit monde avec qui on a passé de très bons moments. C’était triste de repartir de cette île et ça a été dur dur, mais c’est comme cela.
C’est partie entre le bateau, les minis bus et de retrouver Cebu et sa ville folle où tous le monde courre dans tous les sens. Jeepneys, motos, taxis, c’est vivant. Nous y sommes à notre hôtel (le Pacific Hôtel) pour une dernière nuit. Nous trouvons donc place dans notre chambre où je me retrouve avec Jean-Luc et Martial. On a hâte de sortir et de vivre ces derniers moments. Il faut dire que le lieu où nous étions, c’est en plein centre, et le marché des légumes et des fruits sont juste à côté sans compter les divers magasins. Nous retrouvons donc dans le hall Eddie Velez qui nous attendait.
Il nous propose de venir avec lui, découvrir le lieu de naissance du Balintawak, la fameuse Balintawak Street. Dans cette rue, nous suivons Eddie qui connaît Cebu comme sa poche et on y trouve que des magasins de vêtements. Arrivé au bout de la rue, on passe le carrefour et 50 mètres plus loin une place avec un grillage avec des débris de pierre, de bois et de ferrailles. Plus rien dans cet endroit où tous les anciens s’y retrouvèrent pour discuter, échanger des idées et pratiquer l’Arnis.
Cela valait le coup de voir ce lieu où bien des choses se sont passées, bonnes et mauvaises. Merci Eddie. Dans l’après-midi, nous nous sommes rendus chez les Canetes, une salle à l’autre bout de la ville dans un quartier sécurisé et honorable. Un très grand complexe avec étage, au rez de chaussé on y trouve du matériel à vendre, casque de compétitions, armes blanches, bâtons etc…
On est reçu par le responsable qui a tourné dans le film documentaire « Eskrimadors ».Il veut nous faire voir un cours de Doce Pares. Il prend les bâtons et fait une démo avec un des instructeurs. Il veut nous mettre plein la vue. Faut dire que ce sont des commerçants martiaux.
Et n’hésitent pas de nous proposer tout ce qu’ils ont. Tout le monde regarde ce dont ils ont besoin, discute un peu et on reprend la route pour la dernière soirée à Cebu.Le rendez-vous se fait dans un restaurant vers Ayala, là où se trouve un de plus grand centre commercial, sûrement plus grand que châtelet les halles sur Paris. On retrouve donc Eddie avec quelques amis assistants en Wotbag. Nick nous rejoint un peu plus tard car il est en service et se doit d’être opérationnel s’il reçoit un appel.
Tous, on passe un bon moment et profitent de manger et de boire un dernier coup en l’honneur de ce voyage intense et riche tant humainement que martialement. On sent la fin qui approche, dur dur. Fabien a une surprise, quoi donc, heu un petit massage pour clôturer le tout avant d’aller se coucher. Massage !! Oui un vrai massage. Attention aux pervers….
Nous y allons et là on découvre un lieu un peu space, genre truc baisodrome avec lumière teintée et sombre, musique de méditation, enfin une ambiance particulière quoi. Je me retrouve donc dernier car nous étions trop nombreux et fallait patienter. Prenez place monsieur, vous pouvez vous relaxer ici ! Heu oui merci. C’est un peu le bordel à vrai dire et je me suis un peu énervé jusqu’à ce que je me retrouve avec un gars pour me masser. Bon ok on y va. Heu Hard ou Soft, Hard please! Putain de bordel de merde, il m’a bien torturé, marché dessus, appuyé sur des points douleureux etc…
C’était symétrique et je n'ai rien à dire sur le travail effectué mis à part qu’il faut s’y préparer car ce n’était du gentil gentil…. On ressort tous la tête un peu dans le C…Taxis et hop on rentre, on est tous fatigué et demain l’aéroport après une dernière demi-journée. C’est dimanche, nous avons bien dormi. On décide donc de prendre un petit déjeuner rapidement et d’aller visiter le marché du dimanche matin, il ne fallait pas louper cela, c’est trop beau à voir, les fruits, les légumes, etc…Enorme.
Puis on retourne à l’hôtel et direction le centre commercial d’Ayala. Derniers achats et dernier repas avec uniquement notre groupe. Chacun se sépare et fait ces petits achats. On mange donc après en self service et on s’active car on se doit être à l’aéroport vers 13h30-14h00, décollage à 16h00. Voilà c’est fini, enregistrement, vérification des valises, on boit un dernier coup avec Fabien et Céleste qui eux restent encore une semaine et c’est l’heure d’embarquer.
Merci beaucoup et du fond du cœur à Fabien mon pote et Céleste, la grande Céleste, une femme extra. Sans elle, rien ne serait pareil. Un grand remerciement donc à toutes les personnes qui nous ont aidées à passer ces bons moments. On était heureux de vivre cette expérience.
Moi qui étais venu en 1997, et bien j’ai revécu de très belles choses et les rencontres avec ces Hommes qui pour certains ne préfèrent pas être appelés Grand Master, sont vraiment des hommes exceptionnels avec un savoir faire et une pédagogie à donner envie.
Merci, Merci, Merci. JURIMANTADO Dahang Salamat
Mitchell TSIA
















