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Naissance de l’Arnis Koredas Obra Mano

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             GrandMaster Andres GUMBAN
          (Photo authentique prise par Mitchell TSIA KING FUNG)                         

D’abord commençons par signaler l’origine de l’Arnis Koredas Obra Mano qui a été mis au point par Maître Andres GUMBAN originaire de Cebu du sud des Philippines. Il est à l’origine de ce « style » qui est constitué de pas moins d’une trentaine de formes différentes. Maître Gumban, aujourd’hui décédé à l’âge environ de 98 ans (une estimation due à une reconnaissance tardive du fait qu’il soit né et non déclaré aux autorités) a créé ce style avec la contribution et la complicité d'autres Maîtres de la région de Cébu comme le Fondateur  du Balintawak Aciong BACON (ci-dessous)

Voir l'extrait du livre Cebuano Eskrima: Beyond the Myth:

 http://arniskoredassystem.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=19&Itemid=29&lang=fr 

Fondateur du Balintawak Aciong BACON

et d’autres comme Atty.Joe Villasin, Delfin Lopez, Atty.Arnoco etc… Avec la fréquentation diverse de différentes familles d’écoles comme Canete, Cacoye et autres, ces communications qui passaient souvent par les armes afin de tester l’efficacité de techniques multiples ont été la résultante d’une épuration afin de garder le meilleur et de créer un propre style qui n’avait jamais été dévoilé jusqu’à ce jour.

Grand Maître Andres Gumban a pu partager son savoir faire à Oliver Bersabal et son frère José Bersabal son aîné lorsque ce dernier travaillait pour le compte de la famille Bersabal à Cébu. C’est là où tout a commencé. Ce n’est seulement qu’en 1996 en travaillant avec Oliver Bersabal qui s’était installé avec sa femme à Paris que Oliver Bersabal avait définit le nom « Arnis Koredas Obra Mano » qui au départ était présenté uniquement en tant que « Balintawak System ».

L’introduction de différents types de travail d’Arnis ont fait naître ce nom qu’on connait aujourd’hui « Arnis Koredas Obra Mano » ou encore Arnis Koredas System ou Tres Flores Koredas Eskrima, style de Daniel Lamac qui fait parti des Full instructeurs formé par Oliver Bersabal.

 
Oliver Barsabal     GrandMaster Andres GUMBAN   José Bersabal
(Photo authentique prise par Mitchell TSIA KING FUNG) 

Une rencontre inespérée de rencontrer un Philippin avec un tel niveau d’Arnis ici en France, une chance inouïe qui a fait l’objet de remises en question de ce que c’était en réalité l’Arnis traditionnel.

Un recommencement pour nous qui étions habitués à des principes académisés et transformés, ce fut donc une redécouverte baignée dans la culture Philippine. En quelques mots on peut définir cela comme une naissance dans toute sa splendeur avec une richesse, une simplicité, une approche et des valeurs qui sont restées intactes et fidèles à l’Arnis.

Pour finir, l’arrivé de Maître Oliver Bersabal a redonné vie à ce que nous recherchions Daniel et moi-même.

Définition et notes explicatives:

L’Arnis Koredas Obra Mano est simplement un nom désigné pour mieux référencer cet art martial qui était transmis culturellement de familles en familles, comme beaucoup d’autres styles.

Arnis est dérivé du mot espagnol "Arnes" qui veut dire "Armure défensive". Koredas, mot qui signifie "mélanger". Obra, veut dire "travail" et Mano, désignant "main". Dans l'Arnis Koredas le bâton utilisé a une longueur entre 50 et 53cm, alors que de manière générale dans la plupart des styles le bâton fait 70 cm.

Le travail étant axé sur un travail court et destructeur de forme (Serrada), le choix du bâton court a été choisi pour le côté pratique. En effet, ce qui prédomine dans cette forme est l’aptitude à s’adapter dans l’instant. Une notion plutôt inexistante dans les formes d’Arnis ou Kali que je nommerais classique où le type de travail est souvent conditionné et académisé.

Le but essentiel dans la pratique de l’Arnis est de pouvoir s’enrichir  à travers les multitudes formes différentes, doce pares, illustrissimo… Là où le problème se pose c’est d’éveiller son esprit à des postures, à des déflexions très inhabituelles afin de mieux s’engager et pénétrer son adversaire. Pour ce faire le travail doit toujours nécessiter une présence d’esprit car il faut vivre chaque exercice, chaque technique, tout en étant à l’écoute de l’adversaire.

C’est un exercice ou l’esprit et le corps ne font qu’un : Pas de dissociation, rien ne doit laisser paraître, tout dans l’imprévisible. Le moindre contact doit donner une sensation, une expression, une créativité, l’essence même de la tension émotionnelle qu’on peut ressentir dans l’instant.

Rien n’est laissé au hasard et chaque faille doit être une opportunité de vaincre son adversaire par un déséquilibre, par une percussion, un contrôle frappe …Rien n’est fixe et déterminé. Les principes de bases existent bien comme dans toutes les disciplines mais ce ne sont que des principes et rien de plus car le mot d’ordre est l’éveil de l’instinct et le développement en permanence du travail en fonction de l’évènement, des qualités techniques, de la dextérité de chacun et de chacune.

En résumé, ces différentes notions exigent des qualités kinesthésiques, et de la précision pour toucher les éléments clés. Tout doit être coordonné, décortiqué, analysé dans un style le plus épuré. Au fil du temps les sensations s'éveillent, l'esprit s'aiguise, et les gestes deviennent instinctifs.

L'émergence de l'instinct  résulte de 3 éléments : pratique, fluidité et liberté. Les différents niveaux d'apprentissage et d'acquisition de connaissances s'opèrent en fonction de différents types de pratique : SOLO OLISI (le travail du bâton simple), DOBLE OLISI (le travail du bâton double), KOTSILIO DEPENSA (le travail du couteau de défense), MANO - MANO (le travail à mains nues Panatukan- Sikaran), LAYOG DUMOG (le travail de la lutte philippine) et enfin le travail de percussion qui engendrent ces différents éléments.

 Maître Oliver Bersabal:

   

Maître Oliver Bersabal est né à Cebu et a commencé les arts martiaux très jeune. Il faut dire aussi que les arts martiaux occupent une place prépondérante dans la vie des philippins et des asiatiques.

Le temps ne manque jamais et les rencontres se font facilement, dont la richesse culturelle et traditionnelle. On est dans un autre monde, une autre vie. Maître Bersabal a débuté avec la boxe, puis à l’âge de 8 ans environ, il a commencé avec son oncle Canete connu des connaisseurs dans le monde du Doce Pares (les 12 paires) puis révélé par celui qu’on ne présente plus Dan Inosanto.

 Oliver Bersabal et Dan Inosanto à Paris
(Photo authentique prise par Mitchell TSIA KING FUNG) 

Durant sa jeunesse, un homme vient travailler chez lui et c’est là où commence la rencontre entre Oliver et un maître inconnu et discret. Il était connu uniquement par les différentes écoles qu’il fréquentait pour enrichir sa soif de combattant. Durant des années la transmission s’est faite, c’était une opportunité qui a contribué à enrichir plus tard nos connaissances sur cet art.

Il est important de signaler que la découverte des arts martiaux du sud-est asiatique comme l’Arnis et le Pencak Silat particulièrement, ont été découverts très tardivement en Europe aux environs des années 80, et c’est cet Américano-philippins Dan Inosanto qui fait découvrir au monde entier ces arts martiaux inconnus.

Un renouveau dans ce monde où parallèlement des arts martiaux comme le Karaté, l’Aïkido et le Judo dominent le monde des arts martiaux. La rencontre sur Paris avec Oliver Bersabal, nous a fait découvrir une autre richesse, une autre culture, des sensations où respire une liberté d’expression.

Néanmoins la vraie connaissance des arts martiaux philippins ou Indonésiens ne peut prendre ses racines qu’en ayant envie d’approcher ces cultures et traditions complexes. Dans cet art martial qu’est l’Arnis Koredas Obra Mano, rien n’est défini au préalable. Dans la simplicité on a toujours une part de complexité et inversement, ce qui parait paradoxal.

En effet des principes de bases ont été mis au point, ce qui fait la grosse structure, la colonne vertébrale puis sont venus se greffer différents styles à l’Arnis pour donner un sens inouï à l’adaptation permanente. Le but essentiel est d’avoir le moins de fioritures possible. Aussi il faut en permanence aiguiser et perfectionner sa façon de faire dans un but d’une connaissance parfaite du corps humain et de ces faiblesses. Chaque exercice et réalisation apportent une option supplémentaire à des frappes et des coups que l’on peut porter.

Tout est lié à la façon subtile d’exercer un mouvement, un placement, une réaction intuitive et de ce fait de donner un sens pour que les coups soient puissants, ciblés et d’une précision extrême. Le travail porte sur les articulations, les nerfs, là où c’est douloureux car il ne faut pas oublier que ce n’est pas un sport de combat mais bien un art martial.

Tout y est utilisé que cela soit par les armes que les mains, les pieds, les épaules, les percussions du corps en extension. C’est la résultante même d’un travail acharné et perspicace unique en son genre avec des coups ciblés qui provoquent des écrasements musculaires, des pincements, des brûlures. Enfin, la spécificité de l’Arnis c’est son authenticité et son originalité.

Il faut le vivre pour le croire, toucher pour sentir, sentir pour réagir…. sans ces paramètres rien ne peut paraître réellement vivant. Une chose est certaine, on ne peut considérer un style ou une forme, Arnis, Kali ou Eskrima que par le vécu et la consistance de l’art martial mais aussi par celui qui se l’est approprié, transformé, testé, là où il y a une vérité, un sens et non un semblant de vérité. « L’important n’est pas simplement de pratiquer mais de considérer la pratique ».

Les principes généraux de l’Arnis:

Les grands principes de connaissances et niveaux d’apprentissage s’opèrent en fonction de différents types de pratiques. Les sections de travail en règle générale sont :

SOLO OLISI (le travail du bâton simple)

DOBLE OLISI (le travail du bâton double)

MANO-MANO (le travail à mains nues (Panatukan-Sikaran)

KOTSILIO DEPENSA (le travail du couteau de défense)

LAYOG DUMOG (le travail de la lutte philippine)

Arme :

· double bâtons (Double Olisi)
· bâton simple (Single Olisi)
· bâton moyen et bâton long
· épée et dague - bâton et couteau (Olisi-Baraw)
· dague – couteau (Baraw-Kamot)
· double couteaux (Baraw-Baraw)
· armes flexibles


Mains nues :

· Dumog - le corps à corps et les leviers articulaires
· Hubud Lubud ou chaîne de mains - la sensibilité dans la courte distance
· Panantukan - la boxe philippine
· Sikaran - l'art de donner des coups de pied
· Mains nues vs couteau ou vs bâton

Comment définir L’Arnis Koredas Obra Mano

Mis à part les principes généraux cités ci-dessus, il faut souligner que les différences propres et les particularités avec les autres styles sont:

Le travail du bâton court de moins de 60cm

Le travail de la main libre toujours en couverture. Cette main doit en permanence correspondre comme si on avait un bâton, un couteau ou autres. Elle doit être à l’affût et gêner son adversaire.

Elle contribue à la protection  du bâton ou autres de la main opposée et ainsi pénétrer son adversaire pour placer sa technique de frappe, son contrôle. La main doit être indissociable de la main porteuse du bâton, du couteau ou autre. le déplacement dans l’espace doit s’opérer avec des directions opposées avec des rotations du buste

Cela entraîne une meilleure prise sur son adversaire tout en le perturbant. Jamais son adversaire ne doit se fondre en soi et déterminer le travail qu’il souhaite effectuer. On doit être dans la subtilité totale.

La gestuelle du corps doit être élastique et en même temps dur.

L’enracinement des pieds au sol avec un centre d’inertie le plus bas possible.

Le corps doit agir en extension et tout de suite se repositionner

La percussion fait partie de la particularité de l’Arnis Koredas Obra Mano.

Il n’y a pas réellement de blocages dans les techniques mais plutôt je dirais des contrôles, des contrôles frappes, des déflections avec mouvement en rotation et non en ligne. Ces mouvements doivent couvrir et protéger son corps en permanence. Une spécialité du Serrada (fermeture) intégrée et indispensable dans l’Arnis Koredas Obra Mano.

Enfin, pour une adaptation, le travail en énergie et à décupler sa puissance est un travail de longue halène vu déjà la richesse technique qu’on doit auparavant acquérir.

Rédigé par: Punong Guro Tagabalak

Mitchell TSIA KING FUNG